Pensées sur notre chez nous

Photo par Lindsey Byrnes

Sara et moi avons fini le lycée en 1998. Notre carrière professionnelle à jouer de la musique à commencée peu après cela. Faire une tournée à l’époque, signifiait que Sara et moi nous empilions dans la voiture d’un ami ou prenions des bus de la compagnie Greyhound entre les différentes villes et concerts. Nous n’avions pas l’argent pour faire une tournée avec un groupe donc Sara et moi, deux guitares et un sac de hockey rempli de marchandise, partions sur la route, seules.
Ceci est terrifiant à imaginer maintenant, 12 années plus tard. L’image dans ma tête me donne l’impression que nous étions tellement jeunes et vulnérable, et pas préparées à ce qui allait venir. Et nous n’étions en effet pas préparées. Ne laissez pas nos CV, nos histoires ou nos albums vous faire penser le contraire. Lors de notre premier concert avec Neil Young et The Pretenders l’été 2000, nous sommes montées sur scène pour le test du son et nous avons réalisé que nous ne serions pas assises sur des tabourets. Le technicien de guitare de Neil s’est dépêché de percer des trous pour rajouter des sangles de guitare puis nous avons été reconduites sur scène pour tester le son en face de 18000 sièges vides. Pas préparé n’est pas l’expression qui rend justice aux faits, maintenant que j’y réfléchis vraiment.

Parfois, des souvenirs comme celui que je viens de taper sur l’ordinateur me frappent lorsque je commence à m’endormir et je sens mon corps se raidir, et je sens mon esprit qui s’emballe. Comment avons-nous survécu ? Pourquoi avons-nous continué ? Une fois, nous avons conduit de Calgary à Guelph (2.5 jours en voiture) pour voir le concert être annulé lorsque nous sommes arrivées. Comment n’avons-nous pas abandonné ? Pourquoi n’avons-nous pas laissé tomber ? Années après années, davantage de tournées se présenteraient, de plus en plus de concerts afficheraient complets, de plus en plus d’albums se vendraient, davantage de gens offriraient de travailler pour notre compte et le plus important, le nombre de fans augmenterait. Album après album, nos tournées devinrent plus amusantes, plus diversifiées, le son et le style s’améliorait et il y eut plus de monde. Tournées après tournées, nous nous sentions plus optimistes et stimulées. Je rentrais chez moi après avoir été sur la route, et j’étais heureuse et fière de faire ce que je faisais plutôt que rejetée et usée.

Photo par Lindsey Byrnes

Notre première tournée à travers le Canada s’est déroulée en automne 2000 si je me rappelle bien. C’était une petite tournée maintenant que j’y pense. Nous jouions pour 500 personnes par nuit au plus. Mais c’était une tournée. Il y avait nos posters que nous avions créés, notre groupe était en tête d’affiche, nos poches étaient remplies de… bien… nous gagnions finalement notre vie. Sara et moi sautions sur les lits d’hôtel à chaque fois que nous rentrions après avoir joué. Je me rappelle appeler notre agent en plein milieu de la nuit après le premier concert qui affichait complet. Nous installions nos concerts, vendions notre propre marchandise, jouions garde du corps et directeur de scène l’une pour l’autre. C’était un travail assez dur mais nous étions prêtes à le faire parce que nous aimions tellement créer de la musique. Nous avions choisi le chemin de l’indépendance. Nous avions décidé de signer un contrat avec un label indépendant pour garder le contrôle de notre projet et de conserver une certaine propriété sur nous-mêmes et notre musique. Cela signifiait que nous gardions le contrôle en grande partie, mais souvent, cela signifiait également que les choses prenaient plus longtemps et demandaient plus de travail.

Cet été marquera les 12 ans de travail dans ce business et de fabrication professionnelle de musique ensemble. En tant qu’artistes canadiennes, faire une tournée dans notre propre pays reste toujours quelque chose de spécial. Nous avons été assez chanceuses de connaître un succès à travers le monde. Lorsque nous établissions des buts entre albums au début de notre carrière, nous mettions toujours que nous voulions être vues comme des artistes internationales. Mais chez nous reste chez nous, et le Canada est chez nous. Ce mois dernier a été un rêve. Nous avons joué dans des lieux magnifiques et légendaires à travers tout le pays, pour une famille, des amis et des fans de toutes ères. Notre groupe vous remercie pour votre soutien, Canada. Merci à chaque personne qui est venu aux concerts et a chanté avec nous. A vous tous qui avez achetez des posters pour aider Haïti, un énorme merci. Nous sommes tellement fières d’avoir des fans si généreux et prévenants. Enfin, merci à tous ceux d’entre vous qui nous ont été avec nous pendant toutes ces années. Nous apprécions vraiment votre soutien et nous en sommes reconnaissantes. Du fond de nos cœurs vers le votre,

Merci,

Tegan (et Sara)


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Un commentaire pour “Pensées sur notre chez nous”
  1. Diih'

    Oh … *soupir*
    Très touchant comme texte (L) ]

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